2017

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2017

Date : 08/05/2017

Aérodrome de départ : Bordeaux Saucats

Région : Nouvelle-Aquitaine

Pays : France

Distance : 363,4 km

Planeur : Nimbus 2

Type de circuit : Libre

Vitesse moyenne du circuit : 72,68 km/h

Commentaires :

Première sortie du Papa-Jules. Un début de journée assez mou. Le plafond n’a rien d’Alpin puisque les zones de transit n’ont pas à être activées, tant l’altitude des barbules reste administrative. Arrivé à Rion de Landes, je salue Paul qui part se promener vers le nord et j’apprécie la vue, qui d’un seul coup d’oeil embrasse à la fois les pics enneigés des Pyrénées, émergeant de la couche d’inversion et la mer d’un bleu profond au loin. Les lacs de Morcenx, turquoise puis argentés selon mon point de vue qui remonte vers Bazas me ravissent le regard. Arrivé à la cité du boeuf, je survole la cathédrale puis remonte vers La Réole, encore appelée La Vérole ou l’aspirateur à planeur ou encore la naufrageuse. Je confirme bien le théorème aéronautique suivant : tout cumulus voit sa Vz rester proportionnelle à la distance qui l’éloigne de La Réole. Passée cette Charybde, je m’éloigne vers le nord de sainte Foy la Grande; pas bien loin. L’heure tournant et ma moyenne approchant celle d’une mob bleue calaminée, j’envisage le retour. Il faut dire que jusque là, le voyage est étrangement silencieux. Je n’arrive pas à joindre Aquitaine info. Ainsi, revenu au Sud de Bazas, j’apprends par un équipier de Paul que la zone de transit centre est interdite. J’interromps donc le voyage en remontant vers Bazas puis en réalisant une directe vers Saucats. Le plafond est limité à 1700m au mieux, les meilleurs varios sont landais, franchement mous ailleurs ou capricieux. Sans doute l’absence de talent du pilote n’y est-elle pas étrangère. Au total, une belle ballade pour un premier vol en Nimbus.

Date : 14/05/2017

Aérodrome de départ : Bordeaux Saucats

Région : Nouvelle-Aquitaine

Pays : France

Distance : 178,7 km

Planeur : Nimbus 2

Type de circuit : Libre

Vitesse moyenne du circuit : 84,43 km/h

Commentaires :

Après deux faux départs dus à la flemme de remplir de nouveau les ballasts, mais de façon équilibrée, et non pas « au pif », comme j’ai tenté de le faire, le planeur a consenti à éloigner l’aile droite désormais aussi vide que la gauche, d’une herbe un peu trop haute, sur le côté d’une piste bombée. Résultat, j’ai arrosé la pelouse ! Ayant bien pris une heure de retard, alors que les beaux navions de la PDF ne nous ont laissé partir uniquement à 14h00, enfin, le Papa Jules s’éloignait de son ombre. Je suis parti vers le Sud, bien sûr. Mais la mer était si belle que je suis allé m’y promener, du moins sous la confluence générée par la brise marine, ainsi que l’explique si bien Tanguy Benoit. L’océan, bleu profond, souligné par les dunes d’un jaune éclatant, encadrait la vaste forêt des Landes, parsemée de lacs ardoisés. Sous les cumulus à étage matérialisant le conflit des masses d’air, le spectacle était grandiose. Arrivé au sud de Mimizan, je suis remonté vers Biscarrosse, inspiré par l’esprit des aviateurs de Monsieur Latécoère, dont je pouvais apercevoir la base. Pressé par le temps, je suis remonté vers Saucats, grâce à l’aimable concours des contrôleurs de Mérignac. Qu’ils en soient remerciés. Plafond à 1800 m, varios puissants, vent assez faible dont la direction a varié selon la position du planeur dans la confluence et l’évolution météo.

Date : 22/05/2017

Aérodrome de départ : Saint Auban

Région : Provence – Alpes-Côte d’Azur

Pays : France

Distance : 330,61 km

Planeur : Nimbus 2

Type de circuit : Libre

Vitesse moyenne du circuit : 81,3 km/h

Commentaires :

Premier jour de l’APSV. Il a fallu un remorqué d’émir pour quitter le fluide stable qui emplissait la vallée de la Durance, sous un voile qui progressait, venant du Sud. Heureusement, j’ai pu prendre probablement le dernier ascenseur au Nord de Vamuse pour partir vers le Dormillouse. Celui-ci était décevant. Je remontais alors le Parcours à rebours pour passer l’Aiguillette en Fosbury me retrouvant à l’Ouest de la Petite Séolane. Il a fallu ramper jusqu’à l’Est du Grand Bérard pour choper le deuxième monte charge. Enfin au plafond, je progressais vers le Nord pour constater que c’était toujours meilleur au septentrion. Arrivé au point culminant de la carte et du barogramme, à 3800m à l’aplomb de l’altisurface de Valloire, j’ai été tenté par le Mont Blanc. Mais pour un premier jour, j’ai voulu assurer et j’ai renoncé alors que le plafond et les cumulus l’autorisaient largement. Après ce coïtus interruptus, je suis reparti vers le Sud par un vol quasi balistique avec quelques rebonds à Clotinaille et au Guillaume. S’ensuivit une longue glissade dans la soie de l’air stable, le long d’un Parcours suivi plus par gourmandise que par sens de la trajectoire. Les sommets coiffés de congères, les roches noires tigrées de neige du Briançonnais, le Morgon aux pelouses irisées, les plis minéraux des Trois Evêchés, l’Ubac puis Denjuan, mi herbe mi roche, encore verglassés, le Cheval Blanc puis Coupe, assombris par le voile de cirrus, la Serre de Mondenier, aux flancs pelés surmontant une sombre forêt, tout cela m’a enchanté le regard. Enfin la Montagne, généreuse et austère à la fois. Plafond 3800m, Vz 2m/s en moyenne, Vent faible en basse couches et brises selon l’endroit.

Date : 23/05/2017

Aérodrome de départ : Saint Auban

Région : Provence – Alpes-Côte d’Azur

Pays : France

Distance : 358,39 km

Planeur : Nimbus 2

Type de circuit : Libre

Vitesse moyenne du circuit : 74,15 km/h

Commentaires :

Encore un départ difficile mais d’avantage à cause du pilote que de la météo. Parti par un remorqué de lauréat de l’Euromillion vers La Bigue, je me suis retrouvé avec un ASH-25 plus bas que moi. Nous ramâmes de concert mais je perdais patience, visait le Cousson pour finalement renoncer, de retour sur les faces Est de la tôle ondulée. Après un premier saut, je profitais d’une pompinette exploitée par le Janus QQ (je n’invente rien!). Je pus enfin monter les marches comme un vieillard : Authon, Auribeau… Enfin, je suis parti vers le Nord. Des cumulus majestueux ont hissé Papa-Jules à 3200 m aux Trois-Evêchés, permettant de rebondir sur le Grand-Bérard qui m’a satellisé à 3600m. Arrivé sur Vars, d’un côté les nuages montraient les Aiguilles de Chambeyron et le Viso, d’un autre, on annonçait 3800 m au Col du Galibier. Tâchant de trouver un ressaut sous des lenticulaires prépubères, je perdis un temps précieux avant de constater qu’un ange gardien posait des cumulus tout neufs sur le trajet que je convoitais. Je parvins donc au Col d’Etache, pour constater que le voyage était possible au Nord mais en descendant le plafond de 400 m au dessous des 4000 auxquels je culminais. Le temps me manquant, mais aussi pour éviter de descendre cet escalier que j’eus tant de mal à gravir, je profitais de mon altitude pour glisser sur la Voie Royale, qui n’usurpait pas son nom. Je fis la descente ordinaire le long du Parcours pour m’apercevoir qu’une confluence tirait une rue de nuages en direction de Castellane. Je suivais les nuages qui suspendaient de lourds lustres de vapeur à l’étage inférieur matérialisant le conflit des masses d’air. Tel les flambeaux de la Belle et la Bête, ils me guidaient vers la Serre de Montdenier puis j’exploitais les dernières nuées évanescentes à l’aplomb du « Grand Canyon ». Retour dans le plan pour ne pas rater les agapes du mardi. Les sommets au névé griffé par la roche, les faces Nord immaculées contrastant avec les faces Sud minérales encore humides, le vert profond des lacs jouxtant le jade des hauts fonds, le cadre plombé par les cumulus énergiques, le soleil peignant avec ses rayons, le spectacle était un ravissement. Plafond 4000m Vz moyenne 1.6 m/s, vent très variable selon les endroits (brises surtout), moyenne perfectible par une météo aussi favorable.

Date : 24/05/2017

Aérodrome de départ : Saint Auban

Région : Provence – Alpes-Côte d’Azur

Pays : France

Distance : 370,88 km

Planeur : Nimbus 2

Type de circuit : Libre

Vitesse moyenne du circuit : 81,51 km/h

Commentaires :

Parti tôt, grâce à la bienveillance des organisateurs (qu’ils en soient remerciés), j’ai gaspillé le temps qui m’était offert par des atermoiements en basse couche. Largué à 1700m à Authon, j’ai réussi l’exploit de rater le départ… N’osant pas les faces Est qui donnaient encore, j’ai grenouillé dans une masse d’air il est vrai trop stable. A 1000m entre Vaumuse et Lure, j’ai trouvé la pompinette qui m’a évité le retour au bercail. J’ai encore perdu du temps à monter sur Lure en usant du mode gratte-caillou. J’ai pu parcourir, au plus bas de ma pompe, une revue posée sur le siège passager d’une décapotable qui passait par là. Une fois le plafond atteint, je pus démarrer sur des faces Ouest désormais un peu plus chaudes à Authon et Auribeau. J’empruntais un chemin un peu différent pour rejoindre le Grand Bérard, utilisant l’ascenseur du Chapeau de Gendarme pour m’élancer. Arrivé sur Vars, seul un cumulus dominait Prachaval. Je le rejoins, puis je tentais en vain les crêtes de Peyrolles qui ne donnaient rien. En rampant, je rejoignais la Tête d’Amont puis la Condamine et enfin les Agneaux qui me portèrent au point culminant de 4200m. Je mis un orteil dans la vallée de la Maurienne pour considérer l’heure tardive et l’aspect assez faux-cul des cumulus qui condensaient à 3300m. Un retour autant tactique que prudent me fit glisser par l’Eychauda puis la fidèle Tête d’Amont. Cap au Sud après quelques rebonds sur la Tête de l’Homme et le constant Siguret. Arrivé à Allos, une superbe confluence assez plombée mais fixant mon altimètre à 3000m, m’amena jusqu’aux confins du Logis du Pin. Je rentrais sous une autre confluence plein Ouest, puis tentais de rejoindre un cumulus narquois très à l’Ouest, sans succès. Une fois de plus, passée la sortie de la baignoire savonnée de Saint-Auban, un spectacle grandiose et toujours renouvelé m’a ébloui. Pics enneigés, pelouses grillées tout juste libérées des verglas, lac aux éclats bleus mêlés d’un mauve lumineux et improbable, mer de nuages dont émergeait le somptueux et encore lointain Mont-Blanc, vallées en camaïeu de vert, inondées de soleil, lac de Castellane, d’un vert entre jade et émeraude, encadré de pelouses, de champs, de sommets chacun d’un vert différent, rues plombées, ruisselantes de nuelles, enfin, un soleil couchant poudré de poussières en contre-jour. Chaque sortie est une source d’émerveillement. Plafond max 420m, Vz moyennes : 2m/s , Vent assez faible, brises selon l’endroit.

Date : 25/05/2017

Aérodrome de départ : Saint Auban

Région : Provence – Alpes-Côte d’Azur

Pays : France

Distance : 349,42 km

Planeur : Nimbus 2

Type de circuit : Libre

Vitesse moyenne du circuit : 80,33 km/h

Commentaires :

Un départ plus rapide (moins lent !) que les dernières fois. Après avoir envisagé le parcours par Coupe et Cheval-Blanc, je n’ai pas aimé le plafond bas et les pompes carrées. Je suis parti sur Liman puis Blayeul pour grimper sur Micheline (il ne s’agit pas d’une copine, bien entendu). Glissant vers le Grand Bérard, j’ai retrouvé des valeurs sûres. Je suis parti directement sur les crêtes de Vars puis sur le Col de l’Isoar. J’ai suivi les cumulus jusqu’au Mont Thabor envisageant la Maurienne qui montrait sur l’axe Saint-Jean Albertville une couche d’inversion bien inférieure, mais à l’Est du Perron des Encombres de beaux nuages tanqués à 3200m environ, allant jusqu’au Mont-Blanc. La prudence m’a fait renoncer, puisqu’il n’y avait pas d’instructeur suffisamment proche. Je pris donc l’option touristique, empruntant la Voie Royale jusqu’au Pas de la Cavale, puis glissant vers la Tête de Lucy. Arrivé là, je trouvais l’Est et le Sud assez menaçants. J’optais pour l’Ouest après un rebond sur le Piolit, puis le Cuchon et enfin, le majestueux Pic de Bure. Cédant à la tentation, j’allais jusqu’à Glandasse, sans oser le Col du Rousset tant les varios me semblaient mous. Le retour, classique, passait par le Col de Cabre et ne fut qu’un long plané vers Saint-Auban. Les paysages se sont déroulés, jamais identiques et toujours merveilleux. Une mention spéciale pour le Sud Vercors avec ses pelouses vert émeraude en basses couches puis dorées par les rayons du soleil, au fur et à mesure de l’altitude. Les roches couronnaient le tout, surmontées de plumets de vapeur formant nuages. Au loin, en une longue silhouette, les Monts d’Auvergne dessinaient l’horizon d’un bleu profond. Un bon voyage d’agrément offert une fois de plus par cette chère Montagne. Un couple de Vautours amoureux et un aigle Royal ont amicalement partagé quelques thermiques puissants avec le Papa Jules. C’est toujours une émotion bouleversante pour moi. Plafond 4000m aux Ecrins, entre 3000m et 2600m vers l’Ouest. Vz moyennes proches de 2m/s, Vent faible de SW ou S. Décidément, le Nimbus est un bien beau planeur.

Date : 26/05/2017

Aérodrome de départ : Saint Auban

Région : Provence – Alpes-Côte d’Azur

Pays : France

Distance : 241,16 km

Planeur : Nimbus 2

Type de circuit : Libre

Vitesse moyenne du circuit : 59,06 km/h

Commentaires :

Aujourd’hui, la météo était plus timide que les autres jours. D’épais étalement phagocytaient des cumulus mollassons assombrissant la crasse ambiante. Le Papa-Jules a vaillamment grimpé les varios anémiques, puis après avoir tâté de l’Est, décevant, l’idée m’est venue que puisque les bases ne voulaient pas monter, j’avais intérêt à aller là où le sol est plus bas. Go West ! Avec la prudence de l’Arapaho sur la piste du bison, j’utilisais la technique de la mouche : collé au plafond, j’évitais de tomber et je progressais lentement. Arrivé à Glandasse, je trouvais les nuages moins porteurs quoique plus beaux. Ils n’étaient pas plus hauts. Demi tour donc à la finesse max. Après quelques rebonds, je décidais de convoyer jusqu’à Vinon où je passerai la semaine prochaine. Plafonds à 2200m, Vz faibles, Vent S ou SW, moyenne de gastéropode provençal pendant la sieste.

Date : 27/05/2017

Aérodrome de départ : Saint Auban

Région : Provence – Alpes-Côte d’Azur

Pays : France

Distance : 254,37 km

Planeur : Discus 2 15m

Type de circuit : Libre

Vitesse moyenne du circuit : 61,54 km/h

Commentaires :

J’ai fait une infidélité à Papa-Jules ! Comme celui-ci se repose à Vinon, Alain m’a confié pour ce dernier jour un Discus 2b en 15m. Une fois à l’intérieur, j’avais l’impression d’être à bord d’un « rouleur », cet avion à moignons qui servait autrefois aux bleus pour la maniabilité au sol. Pourtant, le Discus vole et même très bien. C’est un chasseur qui prend des contre-pieds et incline comme un Rafale. Faut s’habituer! Le décollage fut un peu tardif, ce qui m’a permis d’admirer le décollage du Bf-108 de Jacques. Aux couleurs de H.J.Marseille, il était magnifique, rentrant soigneusement ses jambes de train, l’une après l’autre, selon la cinématique si particulière de son successeur. Largué au Nord du plateau de Puymichel, j’ai d’emblée choisi d’aller sur Vaumuse puis Authon. Les pompes étaient un peu carrées et je spiralais trop vite, le temps de m’habituer. Parti sur Jalinier, la Crête des Selles, j’atteignais le Pic de Bure qui me regardait sévèrement de haut. Je lui caressais les pieds puis il m’a laissé le dominer de quelques mètres, aux barbules de son bonnet gris sombre. Je continuais vers le Grand Ferrand qui me considérait avec le même air sévère au début. Le spectacle était admirable, les contrastes entre l’ombre du nuage et les flaques de lumière à ses pieds, puis sur les reliefs menant à l’Obiou peignaient l’ensemble avec des allures de drame romantique. Là encore, je fus autorisé à atteindre un ciel plombé et à voir les sommets en baissant le regard. Je décidais de partir à l’Est, rasais de nouveau Bure, puis après une tentative vers Chabrières, je ne pus que constater que le Discus n’est pas un « Libre ». Je changeais d’avis en infléchissant le trajectoire vers Colombis puis Dormillouse qui se révélait un peu mou. Blayeul puis Coupe avec un rebond vers Beynes puis Montdenier, m’invitèrent à saluer le Pont d’Aiguines qui libère le Verdon enserré dans ses canyons, vers le Lac de Sainte Croix comme peint par un coloriste génial d’un vert lumineux et improbable. Le retour se fit vers un couchant auréolé d’une gloire de poussière, le Discus rejoignait son ombre. Nous fûmes accueillis par Roger qui nous attendait en famille. Plafond à 2200m le plus souvent, à plus de 3000m vers le Grand Ferrand. Varios assez mous et un peu carrés à vrai dire à 1.2 m/s en général. Moyenne de promeneur enchanté.

Date : 29/05/2017

Aérodrome de départ : Vinon

Région : Provence – Alpes-Côte d’Azur

Pays : France

Distance : 497,2 km

Planeur : Nimbus 2

Type de circuit : Libre

Vitesse moyenne du circuit : 80,85 km/h

Commentaires :

Premier vol à Vinon pour cette année. Un départ précoce pour une séance de vol de plaine jusqu’à Cousson. La cellule du moine m’a monté un petit peu, puis Coupe m’a mis le pied à l’étrier. Mais le plafond était bas. Finalement, à l’Ubac, la pompe de service m’a hissé assez haut pour franchir Allos. Le Chapeau de Gendarme m’a scotché aux barbules, un rebond sur The Big Bérard et voilà le Briançonnais, au loin, qui s’était emmitouflé dans une couette de nuages. Seul l’axe allant vers les Aiguilles de Chambeyron était honnête. Je suivais ma route pas à pas, pour voler jusqu’à Bissorte. La Maurienne ne me disait rien de bon. Au retour, je manquais de peu d’être coincé entre la progression de la confluence lombarde à l’Est et un gros étalement pluvieux sur les Ecrins à l’Ouest. Je fuyais, non pas vers Vars, déjà obscurci par des nuages prêts à verser leurs tonnes d’eau, mais vers les Aiguilles de Chambeyron, tout en contournant le Queyras. Une spirale tactique me donnait le sens du vent et l’option à suivre : local Barcelonnette ou Saint-Crépin ? Je choisis la première option. Un survol des Aiguilles m’a permis d’admirer le Lac des Neuf Couleurs et ses satellites comme dessinés dans la neige par un doigt de géant trempé dans une peinture magique bleu-vert. A côté un névé crasseux se déversait en salissant la neige encore immaculée. J’arrivais au Col de l’Arche ou des pièces de neige paraissaient abandonnées là comme des jetons de casino sur le velours vert de la vallée. Le Lac était d’un bleu presque noir, métallique. Le Papa-Jules m’emmena voir le Lac de Sagnes au loin puis je vis de loin le menton de la Tête à Louis XVI me montrer l’Ouest. Fuyant les étalements, je revenais sur le plumet nuageux de la maréchaussée jouxtant le Pain de Sucre puis je tirais vers Colombis directement. Là encore des cumulus noirs et étalés me firent dériver. Quelques gouttes de pluie confirmèrent ce détour. J’arrivais au Pic de Bure pour être satellisé. Tenté par l’Obiou, semble-t-il excellent, j’optais cependant pour Glandasse puisque une ruelle de cumulus sénescents m’indiquait la voie du retour. Celui-ci usa de la finesse du Nimbus. Au total, un voyage inespéré par une météo ingrate et technique, tendant des pièges parfois vicieux. Le paysage, splendide, ne lasse jamais son spectateur, le surprenant par la variété des lumières et des couleurs. Plafond : 3900m maxi, le plus souvent 3200m, 3000m en plaine, le soir. Varios moyen à 2 m/s. Vent Sud autour de 20 km/h.

Date : 30/05/2017

Aérodrome de départ : Vinon

Région : Provence – Alpes-Côte d’Azur

Pays : France

Distance : 353,43 km

Planeur : Nimbus 2

Type de circuit : Libre

Vitesse moyenne du circuit : 68,63 km/h

Commentaires :

Une journée gag ! Fort du briefing, je préfère m’installer en piste 16. Mais le vent reste têtu et la 28 demeure en service. Je transfère Papa-Jules pour constater qu’on remorque tout de même en 16. Etc… Une fois décollé, de la plaine en thermique pur. Après avoir vérifié de visu la pureté de la piscine de Puimoisson, je me décidais à monter et j’allais tâter d’une Coupe mollassonne. Le Cheval Blanc n’était pas mieux, bref je pus enfin monter au Sud de l’Ubac, à ma pompe de service, au ras des pelouses. Le couvre-chef du Pandore me hissait, je rebondis sur le Grand Bérard : que du classique ! J’arrivais sur le Queyras ou une pompe monumentale m’envoya à 4000m dans un dôme de nuages qui ne laissait qu’une fenêtre ouverte sur les monts lointains et ensoleillés pile poil dans la direction que je convoitais. Le plongeon dans ce tunnel nébuleux était jouissif. Hélas, je devais gâcher tout ce bénéfice en un seul temps. Sachant que le Nord engageait peu ceux qui s’y trouvaient, j’optais pour les Ecrins. Or, il fallut bien que je me rendre à l’évidence : on avait piégé la Tête d’Amont ! Un sournois, que dis-je un vicieux avait éteint l’ascenseur tant du Sud que celui de la Condamine. Pourtant un nuage maigrissant attestait du piège, amer naufrageur et malfaisant. Les Agneaux ne furent pas tendres également ni aussi innocents qu’ils le paraissent. Bref pour des causes tout à fait extérieures et pour tout dire parfaitement étrangères à mon pilotage, je me ratatinais à 2000m au dessus d’Argentière avec la perspective de choir lamentablement dans le bocal crépinois. Mon sang ne fit qu’un tour alors que l’aiguille de l’altimètre en avait fait plusieurs dans le mauvais sens. J’inversais la tendance, pas bien vite au début, mais obstinément. Tel le cavalier tombé, je remontais sous la confluence briançonnaise, qu’à l’instar de l’arbre de Brassens, je n’aurais jamais dû quitter. Il fut évident que mes errements en basse couche m’avaient pris du temps. Aussi, je pris mon élan et je retournais au Sud. Cette fois, je ne quittais plus le plafond. Bien m’en a pris puisque passée la confluence séparant Durance du Haut-Var, Papa-Jules se retrouva dans une pétole de Montdenier à Vinon, confirmant la finesse nominale du beau Nimbus. Plafond 4000m, Vz moyenne 2.1 m/s, Vent balayant un cadran SW à SE assez fort (37 km/h). Moyenne de Voiturette sans permis sur un trajet EHPAD / supermarché.

Date : 02/06/2017

Aérodrome de départ : Vinon

Région : Provence – Alpes-Côte d’Azur

Pays : France

Distance : 280,28 km

Planeur : Nimbus 2

Type de circuit : Libre

Vitesse moyenne du circuit : 71,26 km/h

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On prévoit une journée assez limitée dans la qualité et dans le périmètre de jeux. Aussi, je décide de faire au mieux, dans l’idée de démonter Papa-Jules au retour. Un départ sur les versants Est de Corbières. Je pars résolument au NW vers l’Observatoire puis vers un travers Ouest des antennes de Lure. Je ne néglige aucun thermique puisque le plafond est bas (2000m à 2200m). Je fais demi tour à Glandasse et je me dirige vers Durbonas (une dure bonasse comme dirait un éminent chirurgien de l’APSV, un contrepêteur dirait un dard bonus?). Un petit tour à Cluse, puis cap au Sud. Deux rebonds au Pic d’Oule. Arrivé aux Selles, je passais de la crête à l’abîme. Je sentais le vent se glisser par-dessous. C’était souvent la Malaup qui pompe. Je me retrouvais ému sous la pente. Tous ceux qui aiment décaler les sons comprendront les sentences qui précèdent. J’ai préféré tâter des nuages au bord des étalements de la masse d’air côté Vaumuse. C’était pour constater qu’elles ne valaient pas tripette. Revenu sous des cumulus moins vicelards, je suis allé revoir le Luberon pour renter tôt. Avant-hier, j’ai eu une Master Class avec Maître Alain. Quatre heures de mania par petits varios s’améliorant avec le temps. Encore merci pour cette leçon, même si c’était un essuie-glace Sainte-Victoire Luberon! A bientôt, chère Montagne. Plafonds de studio pour étudiant, Vz correctes, Vent Sud assez faible, moyenne de chenille processionnaire bourrée d’amphétamines.

Date : 11/07/2017

Aérodrome de départ : Florac

Région : Occitanie

Pays : France

Distance : 125,68 km

Planeur : Nimbus 2

Type de circuit : Libre

Vitesse moyenne du circuit : 52,73 km/h

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Ce matin, j’ai été interrompu dans le montage (seul !) de mon beau Nimbus par une averse mémorable. Enfin lavé, que dis-je ? Baptisé ! J’ai pu le faire voler sur le Causse qu’il n’avait pas revu depuis bien longtemps. La traîne était bien là, mais le sol était froid. Résultat, plafond à 1500m au début puis 2000m en fin de journée. Les nuées plombées ne permettaient pas une vue d’ensemble. Les vautours, bons compagnons, me montraient les pompes, celles-ci étant un peu capricieuses au début. Puis le temps s’est offert, j’ai pu aller une première fois à l’Aigoual en ayant l’impression de faire du vol de haute montagne. Je suis ensuite allé errer vers la Canourgue, puis, de rebond en rebond, je suis retourné vers l’ombrageux Aigoual, lequel, quoique modeste en altitude, n’en n’est pas moins un lieu qui peut être d’une grande violence météorologique. Aujourd’hui, il se dévoilait sous un aspect bon enfant. Nul doute que les touristes ont apprécié le virage du Papa-Jules au dessus des antennes. Plafond maximum, 2050m, Varios modestes, vent peu gênant SW d’une quinzaine de kilomètre par heure. Une moyenne de tondeuse à gazon rendant compte de la ballade. La visibilité permettait d’apercevoir les Monts d’Auvergne, l’Aubrac, la cuvette Millavoise, la crête de saurien du Pic Saint-Loup, l’Aigoual puis la vallée du Rhône close par les Alpes, au loin, le regard se posant pour terminer sur l’imposant Lozère. Bon début !

Date : 13/07/2017

Aérodrome de départ : Florac

Région : Occitanie

Pays : France

Distance : 164,68 km

Planeur : Nimbus 2

Type de circuit : Libre

Vitesse moyenne du circuit : 59,17 km/h

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Après quelques petits travaux, le Papa-Jules s’envolait pour rejoindre Dominique qui était parti matin pour chercher une onde qu’il ne trouva pas (ou du moins, qu’il ne put exploiter). Suivi de l’impétueux Marc sur sa nouvelle monture, je cheminais vers le Nord. Les plafonds quoique meilleurs sur la Margeride, ne m’ont pas plus inspiré que ça ; 2300m au mieux, c’est 850m sol. Et les champs quoique beaux vus d’en haut, n’en ont pas moins des dévers absolument inconnus. Je me suis donc déballonné, après que je sois tombé à 1900m soit une treuillée de distance de la planète, même en considérant le vent du nord et l’amélioration possible des plafonds. Marc, lui, plus audacieux, a mené son Ventus jusqu’au Puy aéro. Ayant retrouvé les barbules, je me dirigeais vers le sud. Une fois atteint l’apex à Mende, tournoyant au dessus de la ville ardoisée et accablée de chaleur, je rejoignais les Causses. Les plafonds y étaient moins hauts avec des masses d’air hétérogènes. En revanche la visibilité était superbe : Le Ventoux, les Alpes, émergeant derrière la vallée du Rhône, les Monts du Lyonnais, l’Auvergne, le plateau Ruthénois, les cumulus de la chaîne Pyrénéenne, le Larzac, enfin, la mer, formant un liseré bleu profond à l’horizon, interrompu du jaune des plages. Plus avant, la crête du Pic Saint-Loup, striée de marbrures verticales, veillait comme un berger, les moutons de la Méditerranée. Je voyais la moitié de la France ! Une excursion sur l’Aigoual et je repartais vers l’Ouest du Causse. Une puissante fatigue m’invita à interrompre le vol. Je posais dont le fier Nimbus. Plafonds à 2400m au maximum, varios modestes et capricieux, vent Nord Ouest d’une quinzaine kilomètres par heure, moyenne de moineau nonchalant.

Date : 10/08/2017

Aérodrome de départ : Vinon

Région : Provence – Alpes-Côte d’Azur

Pays : France

Distance : 181,59 km

Planeur : Nimbus 2

Type de circuit : Libre

Vitesse moyenne du circuit : 69,4 km/h

Commentaires :

Après deux jours de sevrage, je retrouve Papa-Jules. Hier j’ai fait voler Jean-Luc qui connait peu la Montagne. Sur mission, j’ai fait les présentations. La météo à limité notre voyage en Duo-Discus, mais Jean-Luc était content et moi aussi subséquemment. Aujourd’hui, après les pluies de cette nuit et un vent assez fort soufflant de l’Ouest, la plaine vinonaise avait une allure de baignoire savonnée. Quelques thermiques, apparus tard après qu’un voile de cirrus se fût dissipé, ont permis un yoyo peu enthousiasmant. Enfin, lorsque j’ai fini par comprendre qu’il fallait atteindre le cumulus d’Oraison en finesse et en utilisant un faible laminaire, le beau Nimbus a pu se dégourdir les ailes. Mais bien tard pour voyager. Un aller vers Saint Genis puis un retour prudent alors que les nuages fondaient à vue d’oeil ont suffit à mon plaisir. Un petit détour vers le plateau de Puymichel m’a permis d’emmagasiner de l’énergie pour un retour direct dans un air stable, avec une bonne visibilité. Au total, il ne fût pas déplaisant d’observer un couple de hérons cendrés rayer le miroir bleu-vert d’un des petits lacs qui cernent la Durance. Ils se séparent en une mosaïque multicolore sur des tons de vert, de bleus, de mauves, marbrés d’algues beige sombre. Plus au nord, les reliefs s’étiraient à l’horizon avec une lisibilité limpide, coiffés de l’ouate des nuages du soir. Un vol finalement inattendu qui a récompensé patience et obstination. Plafond 2700m, Vz moyenne : 1.3 m/s, Vent Ouest jusqu’à 30 km/h. Moyenne de promeneur.

Date : 13/08/2017

Aérodrome de départ : Saint Crépin

Région : Provence – Alpes-Côte d’Azur

Pays : France

Distance : 168,19 km

Planeur : Nimbus 2

Type de circuit : Libre

Vitesse moyenne du circuit : 63,07 km/h

Commentaires :

Hier, j’ai eu une master class avec Alain Poulet. Un pur vol plaisir avec recherche difficile d’onde et un plafond à 5700m sur Bardonecchia. La visibilité permettait d’admirer d’un seul coup d’oeil les Ecrins, le Vercors et la Chartreuse, embarrassés de nuages cotonneux et bas, le Mont Blanc émergeant d’une couette ouatée, le Cervin, coiffé d’un panache digne du Roi Henri, le Mont-Rose, comme une pâtisserie désirable, posée sur l’horizon, puis une hallucinante carte de géographie couvrant le quart nord-est de l’Italie. Le retour par le Pelvoux, qui nous offrait un glacier d’un blanc pur enchâssé sur une carapace noire et luisante de roches verticales. La fin ne fût qu’une longue glissade qui nous fit apprécier les choix tactiques d’Alain au service de sa stratégie efficacement simple. Une fois de plus, je suis descendu du planeur moins bête que je n’y suis monté. Mais il est vrai que j’ai une grande marge de progression. Aujourd’hui, après montage du Papa-Jules, un peu « rock and roll » et motivant un fort budget bière, malgré mes allégations, je pars au treuil dans la confluence de milieu de vallée, la pente restant muette. Ayant échoué à trouver l’onde de Vars, je trace un « S » en glissant sur les pentes ouest du Grand Bérard jusqu’au Morgon, puis en suivant le parcours en virant à la Côte Longue. Le retour se fit sans chichis, en ligne directe, pour retrouver ma récompense du soir ; admirer l’ombre majestueuse du Nimbus sur le velours vert damassé de l’or du couchant des pentes paisibles de Vars. Le paysage se prêtait à cette promenade dont la forme évoquait l’initiale du mot Surf. La visibilité était encore magnifique. Les Aiguilles de Chambeyron formaient un cirque antique, Colisée minéral, enserrant le Lac des Neuf Couleurs et le Lac Noir, presque fermé par un couvercle plombé de cumulus. Le reste de la glissade n’était qu’émerveillement devant les beautés des crêtes baignées de l’or du soir. Plafond 3300m, Vz moyenne 1.1 m/s, brises en bas, vent en haut, assez fort Ouest puis Sud, faiblissant en altitude, moyenne de limace contemplative.

Date : 14/08/2017

Aérodrome de départ : Saint Crépin

Région : Provence – Alpes-Côte d’Azur

Pays : France

Distance : 454,76 km

Planeur : Nimbus 2

Type de circuit : Libre

Vitesse moyenne du circuit : 84,74 km/h

Commentaires :

Aujourd’hui, départ précoce ! Une fois treuillé, j’ai gagné quelques mètres en milieu de vallée, puis j’ai pris l’option des faces Est. Un cumulus joufflu a lancé la journée. Peyron, puis Peyre-Eyraute m’ont fait rejoindre Peyrolles qui ne plafonnait qu’à 3200m. Retour par les faces Est de Peyrolles puis direction Parpaillon qui me satellisait. Recherche vaine d’onde sur Barcelonnette puis rebond au couvre-chef de pandore. Une rue hallucinante à 3000m matérialisait une confluence jusqu’à Lachens. Le temps que j’y descende, le marin prenait le dessus et stoppait ma course à Chamatte. Départ vers l’Ouest pour voir. Arrivée sur le Sud Vercors avec un petit détour pour admirer le Mont-Aiguille. Survol de Montmeilleur et rebond au Nord de l’Obiou. Glissade sur les faces Sud Ouest des Ecrins, arrivée sur Chabrière puis retour sur le parcours en basse couches cette fois. Virage à la Côte Longue, désormais rejointe par l’air Niçois et retour par la même voie. Une variante m’a fait caresser la joue droite de Louis XVI et tapoter l’épaule de Saint-André ; comme quoi j’ai des relations ! Retour à Prachaval, remontée aux marches habituelles, virage sur Peyrolles et le dessert vespéral : les pentes de Vars glissando. Au total, j’ai pu admirer les Alpes italiennes sous un édredon nébuleux, les cimes des Ecrins aveuglées par les nuages. J’ai pu user des pompes balisées et partagées pacifiquement par vautours fauves et aigles royaux. Les planeurs venus du Sud formaient un ballet majestueux sous les barbules. Des forts abandonnés se tenaient comme des tommes posées sur une table couverte de velours. L’altitude inhabituelle des confluences dévoilait une sorte de carte grandeur nature. Le Nimbus découvrait les oreilles d’acier réunies en un camp martien au sommet de Bure. Le Mont Aiguille, improbable terrain sans issue, offrait son tapis vert. Les crêtes et les pics dominaient le Papa-Jules sévèrement. Enfin, passé le col vers la rive gauche de la Durance, le Nord s’offrait différemment, les cimes italiennes ne laissant dépasser que quelques reliefs de la mousse nuageuse, comme une diva laisse émerger un genou de son bain. L’ombre silencieuse du Nimbus sur les pelouses éclaboussées de lumière, au dessus de Vars déjà endormie fut ma récompense. Plafond 3780m, Vz moyennes 1.6 m/s. Vent Sud assez faible. Moyenne de lapin en fuite.

Date : 15/08/2017

Aérodrome de départ : Saint Crépin

Région : Provence – Alpes-Côte d’Azur

Pays : France

Distance : 321,34 km

Planeur : Nimbus 2

Type de circuit : Libre

Vitesse moyenne du circuit : 63,42 km/h

Commentaires :

Ca doit être bon au Nord ! Mais pas trop? Bon au Sud aussi, mais pas trop également ! C’est dit, je fais la buse. Par chance, le Nimbus chope une pétouille dès le départ. Je tente des faces Est évanescentes puis je retourne vers Prachaval qu’on a enfin allumé. Je pars donc sur Gaston puis j’arrive enfin (mais après mes successeurs) dans le Briançonnais. Les nuages quoiqu’à 3600m, sont lourds et épaule contre épaule, comme un pack Argentin. Je sens que ça ne va pas être simple. Je vais vers Rochemolles mais les varios sont mous vers 3000m et ne se renforcent que passés 3300m. Je retourne vers le Sud face au vent, sans gloire. Les vacations radio de mes prédécesseurs évoquent des plafonds à 3700m dans la Vanoise. Je me laisse tenter. Passant par Bissorte, mieux pavée et n’évoquant pas le cul de sac de l’Escolette, j’arrive à Val Thorens pour découvrir la station posée comme une maquette, cernée par des roches barbelées qui enserrent des glaciers métalliques de crasse. J’entends un minuscule Pégase sur le retour, semblant toucher le col, annoncer une visite à Sollières. Comme j’ai déjà fait connaissance avec le terrain, à pied, un jour de pluie et que j’ai d’autres façons de dépenser 200 euros, je préfère rentrer. Rebond sur le Thabor, puis passage de l’Eychauda, surf sur Amont, arrivée dans un plan Nimbusien sur Vars. Je chemine du Parpaillon au Grand Bérard, pour constater que c’est bien mou. Un vaste couvercle de nuages noir s’étale en milieu de vallée. Ca sent l’onde ! Je me refais puis je pars de 3100m vers le col d’Allos. Un moins cinq intégré me fait voir le passage avec une forte probabilité d’aller herboriser à Thorame. Je passe le Col en « Fosbury » et je retrouve dans une nasse car il pleut sur l’Aiguillette. Un Jantar 2b me montre une pompinette. Notons au passage que le Nimbus l’a emplafonné. Le Sud est masqué d’une couverture ondulante de nuées sombres. Une fois à 2800m, le plus lentement possible, je suis la pluie qui se dirige nochalamment vers le Guillaume pour rincer les Ecrins. Arrivé au Col de la Rousse, je glisse vers les reliefs puis je fais, en guise d’hippodrome, de la pente sur le Mont Orel. En effet, la radio de piste signale des changements erratiques de vent, donc de piste. Rien ne presse donc pour rentrer. Ce faisant, je monte lentement. La vue des crêtes de Vars éclairées de lumière solaire dirige le Papa-Jules. Arrivé au Paneyron, je me fais secouer comme un bulbe d’Orangina ; ça re-sent l’onde ! Je me fais satelliser sous un gigantesque lenticulaire, au dessus d’une crête plus tranquille, puis je touche le Graal au bord d’attaque. C’est autour de 4300m que je pars vers le Glacier Blanc. Celui-ci est obscurci par un énorme nuage. L’aspect des Agneaux est dramatique, les aiguilles de roche crevant des tables de névé ardoisées et noires de crasse. Ca ressemble à un vol de nuit lu sous la plume d’un héros de l’Aéropostale. Je retourne vers Vars pour un ultime virage vespéral, admirer la silhouette du Nimbus glisser sur l’herbe inondée du soleil du soir. Plafonds autour de 3700m, puis 4300m dans l’onde du soir. Vz moyennes 1.3 m/s. Vent faisant le tour de la Rose selon l’endroit de 3 à 30 km/h. Moyenne de contrebandier chargé en montée.

Date : 16/08/2017

Aérodrome de départ : Saint Crépin

Région : Provence – Alpes-Côte d’Azur

Pays : France

Distance : 157,54 km

Planeur : Nimbus 2

Type de circuit : Libre

Vitesse moyenne du circuit : 57,64 km/h

Commentaires :

Il a été prédit que la fin d’après-midi serait agitée. On a été servis ! Je fais la buse et le Papa-Jules, lancé par le treuil, trouve une pompinette. Je pars vers le Nord. Les pompes sont molles en basse couche. Je finis par atteindre le Col d’Etache. Je décide alors de rester dans le Briançonnais-Queyras. Je visite Roche-Brune, je vais faire une révérence au Viso, emplumé comme un roi, puis je fais une escapade aux Aiguilles de Chambeyron. La vue d’intempéries menaçantes aussi noires que la nuit, tant du côté de Barcelonnette que de la Durance m’invite à me poser avant le grain et à bâcher le beau Nimbus. Dès le départ, le ciel obscur et dramatique a assombri les crêtes et le Lac de Rochemolles. Quelques éclats de soleil ont illuminé les roches aux reflets anthracite, bleu, rouge, ocre, brun, vert bouteille déchirant les pelouses à moitié grillées ou vert tendre. On aurait dit que quelque peintre gigantesque avait donné des coups de brosse trempée dans la couleur. Les lacs, tantôt vert jade tantôt noircis par l’obscurité nébuleuse, étaient comme des pierres précieuses enchâssées. Le Lac des Neuf Couleurs offrait un bleu profond tirant sur le vert. Les douches de lumière, transperçant la couche plombée de nuages, éclaboussaient de couleur les versants de la Montagne. Un vol court mais bouleversant de beauté. Plafond 3800m, Vz moyenne 1.2 m/s, Vent variable et brises. Moyenne de touriste admiratif. Une fois posé et le Nimbus bâché, ce fût un ballet de planeurs se vachant à Saint-Crépin. Le grain passait dans la vallée, soufflant et mouillant. Tel le Borée de La Fontaine : « …Commencez : je vous laisse obscurcir mes rayons. Il n’en fallut pas plus. Notre Souffleur à gage Se gorge de vapeurs, s’enfle comme un ballon ; Fait un vacarme de démon, Siffle, souffle, tempête, et brise en son passage Maint toit qui n’en peut mais, fait périr maint bateau… » Cela a été l’occasion d’une collation interclubs entre amis vélivoles.

Date : 18/08/2017

Aérodrome de départ : Saint Crépin

Région : Provence – Alpes-Côte d’Azur

Pays : France

Distance : 359,28 km

Planeur : Nimbus 2

Type de circuit : Libre

Vitesse moyenne du circuit : 65,92 km/h

Commentaires :

Hier, master class avec René Fontin. Ou comment découvrir les contreforts du Cervin puis le Mont-Blanc avec un biplace quarantenaire de 40 de finesse. J’ai pu apprendre à tous les étages du vol à voile. Comme les vols que j’ai pu faire avec Alain Poulet, on touche à une oeuvre d’art à chaque fois. Tout paraît facile ! Le spectacle du Cervin couvert de Chantilly, puis du Mont-Blanc tutoyé à mi pente était fascinant. La gentillesse de René fût totale et j’ai eu l’impression de réapprendre à voler. Aujourd’hui, j’ai pu faire un voyage qui aurait été impossible avant-hier. J’ai restitué (presque) tout l’enseignement de René. Partie telle la buse, ma monture a caracolé vers Escollette puis a basculé vers le Mont-Cenis qui m’a remonté. L’aérologie était loin d’être aussi bonne que prévue. La Pointe de Ronce, puis la confluence m’ont permis de rester scotché au plafond selon la célèbre technique dite « de la mouche ». C’est pas rapide, mais ça rassure ! L’océan nébuleux côté italien lançait des vagues blanches qui explosaient au ralenti sur les crêtes rocheuses. Le Papa-Jules se prenait pour un goéland. Le Col du Carro interdisait la patrie de Verdi d’une barrière blanche prête à engloutir l’imprudent. Je contournais pour découvrir la vallée d’Aoste ensoleillée. Un petit détour sur le Val de Rhème me fit découvrir la piste d’Aoste illuminée de soleil. Je pouvais me prendre pour Adrienne Bolland, dans son Caudron G3 découvrant le versant chilien des andes. Je décidais, vu la lenteur de mon vol de découverte, d’aller vers le Mont-Blanc. Arrivé au col du Petit Saint-Bernard, je préférais rester sous ma masse nuageuse et retourner à la maison en contournant le massif de la Vanoise par le Nord. Bien m’en a pris puisque René à du se battre contre une aérologie capricieuse à Courmayeur. Le retour fût tout sauf simple. Les plafonds, à 4000m ne furent que rarement atteints. Les pompes étaient carrées et les dégueulantes généreuses. Le dynamique perturbait le thermique. Un détour sur le Perron des Encombres m’a permis de découvrir qu’il était déventé. J’ai mis du temps à m’apercevoir que la ligne droite prévalait à l’enroulement. Je me ratatinais à 2900m en regardant de près Saint-Jean et Sollières, au loin. Le Papa-Jules s’est de nouveau pris pour un oiseau et suivant la crête, à permis un passage finalement assez haut du Col de Roussille. La glissade habituelle, Casset, Eychauda, Condamine, Amont m’a permis de voir des cumulus alignés perpendiculairement au vent d’Ouest assez fort. L’aérologie devenait plus claire. Je décidais d’aller vers le Sud, sans pouvoir exploiter l’onde. Vars puis le Siguret étaient éteints, le Grand Bérard itou. Je passais sur le parcours en suivant le relief pour rejoindre un cumulus pluvieux à la Montagne de Boule. Le retour se fit classiquement avec un rasage de la joue droite de Louis XVI. La pluie mouillait Guillaume et nimbait l’horizon d’un voile vertical et lumineux. Je décidais de rentrer directement. Nonobstant mon dépucelage d’outre Carro, les paysages furent à la hauteur, tantôt sublimes de beauté, tantôt menaçants, mais finalement bienveillants. Les touches de lumière soutenaient le vert tendre des pelouses et les roches aux reflets multicolores. Le tout était souligné par la noirceur des nuages plombés et la blancheur éclatante des vagues de Lombarde. L’autre versant dévoilait les stations posées sur l’épaule verte de la Montagne, inondée de soleil, écrasées par la chaleur alors que le Nimbus évoluait dans la fraîcheur de l’altitude. Plafond 3880m, Vz moyenne 1.1 m/s, Vent Sud puis Ouest assez fort, jusqu’à 32 km/h, moyenne de duchesse à crinoline traversant à gué un ruisseau.

Date : 19/08/2017

Aérodrome de départ : Saint Crépin

Région : Provence – Alpes-Côte d’Azur

Pays : France

Distance : 349,73 km

Planeur : Nimbus 2

Type de circuit : Libre

Vitesse moyenne du circuit : 87,43 km/h

Commentaires :

La journée devait être moyenne au Nord. Parti comme une buse, le Nimbus caracola vers l’escalier habituel. Grand bleu et masse d’air peu engageante au Nord m’incitèrent à choisir un axe Rochebrune-Sestrière. Une main ondulante monta le Papa-Jules à 4400m. Au retour, et après un détour vers le col d’Agnel, j’eu envie d’une Voie Royale. Mais les panaches de nuages surgissant des vallées ouest, tels des fumeroles m’empêchaient de voir le relief plus en amont. Je suivais donc scrupuleusement les couloirs pour rejoindre le Parcours jusqu’à Cheval Blanc. A la remontée, satellisé à Denjuan, je fis une directe vers le Nord en passant par Siguret. Un ressaut au Mont Janus me hissa à 4100m. Le reste ne fût qu’un unique glissade au dessus des crêtes, joignant Escolette, Peyre-Eyraute, Prachaval, Font-Sancte, et les reliefs menant au Col de Larche, le retour se faisant de même. Le soleil a illuminé cette journée, pratiquement dépourvue de nuages, sauf ceux des masses d’air conflictuelles. On avait l’impression de voir une carte en relief à la loupe. J’ai pu entendre Philippe qui guidait Cora avec beaucoup de tendresse vers le Cheval Blanc. C’était touchant ! La fin du voyage était très sereine, silencieuse, un paysage grandiose et toujours renouvelé se déroulant sous l’envergure du Nimbus, que l’attraction terrestre semblait avoir oublié un instant. Quelques aigles royaux et nombre vautours ont accompagné cette belle promenade. Plafond jusqu’à 4400m, Vz moyennes 1,8 m/s, vent Ouest jusqu’à 34 km/h. Moyenne de Bréguet XIV.

Date : 20/08/2017

Aérodrome de départ : Saint Crépin

Région : Provence – Alpes-Côte d’Azur

Pays : France

Distance : 113,18 km

Planeur : Libelle Std.

Type de circuit : Libre

Vitesse moyenne du circuit : 50,68 km/h

Commentaires :

Il était prévu que le bocal crépinois soit fermé ce jour. En effet, ce fût difficile de sortir. Mais j’ai préféré piloter un appareil de légende : un Libelle ! Refait par Philippe, magicien de relookage de planeurs, il à l’air d’un P51-D. Véritable petit chasseur, il vole mieux qu’un Pégase avec ses winglets et ses karmans. On a une vision complète à 360°, c’est rigolo comme tout à piloter. La qualité de fabrication et les solutions techniques étonnent encore cinquante ans après. Revenons à nos moutons. Le bocal ; c’est le bocal ! J’ai mis une heure et demie pour en sortir. Bien sûr, la seule échelle est au Peyron. Une fois émergé du plafond de verre, la petite merveille de Glasflügel m’a monté jusqu’à 3650m. Je suis allé visiter le Glacier Blanc. La visibilité permettait de voir le Mont-Blanc, imposant, sa cime enneigée crevant la couche d’inversion, mais aussi, plus lointain, le sombre Cervin côtoyant le Mont-Rose, d’un blanc virginal, le tour de tête se finissait par le Viso, pyramide minérale qui semblait toute proche. Le voyage se prolongea vers Vars, ou le surf rituel se fit au rythme endiablé de la maniabilité de ce miracle aéronautique qu’est le Libelle. Plafond 3650m, Vz moyenne 1m/s, Vent Ouest au dessus du couvercle du bocal. Moyenne plombée par le départ.

Date : 23/08/2017

Aérodrome de départ : Saint Crépin

Région : Provence – Alpes-Côte d’Azur

Pays : France

Distance : 207,3 km

Planeur : Nimbus 2

Type de circuit : Libre

Vitesse moyenne du circuit : 78,62 km/h

Commentaires :

De ce voyage en planeur, le plus réussi fût son retour, effectué dans une remorque attelée. Il a commencé par un départ façon « buse » tonitruant. Encore que Bada tournoyait depuis le matin sur des faces Est éteintes et entretenait subtilement une répulsion suffisante de la planète vis-à-vis de son K13 en basses couches. Je pris la première pompe de la journée et ne la lâchait pas jusqu’à arriver à 2300m sur la crête du Peyron. Le Papa-Jules, littéralement déchaîné, sautait de thermique en thermique, jusqu’à atteindre le Col du Carro. Je fis une première approximation en tentant le Val de Rhêmes alors que la rue surplombant le Grand-Paradis et la Grivola était plus loyale. Une fois le tir corrigé, je fis l’erreur déterminante : rester sous le cumulus mou et sombre qui coiffait Aoste, sans aller au bout de la trajectoire, vers la masse d’air plus favorable du Valais. Je me complus dans les descendances humides, retenu par un syndrome de l’élastique lointain. Parti à 4200m de Grivola, je me retrouvais au dessus de ses orteils à 2700m moins de vingt minutes après. De tergiversations en mauvais choix, le reste ne fût qu’une chute inexorable au fond du bocal italien. La pluie accéléra le contact du pneu avec la piste dure de l’aéroport d’Aoste. Je pus auparavant, admirer la charmante ville-rue qui barre la vallée. Après un dégagement vers le côté du taxiway sur l’erre du Nimbus, je fus accueilli par le Président du Club de Vol à Voile local. Gentillesse et francophonie me permirent de me sentir moins seul. Après l’appel d’un pilote remorqueur, quelques hésitations furent tranchées par l’apparition d’un rideau de pluie, rapidement suivi par un Arcus allemand qui me rejoignis au sol. Il était désormais trop tard pour espérer revenir ne fût-ce qu’à Albertville, ce qui aurait fait une vache au carré assez peu économique. Je décidais de rester à l’hôtel. On m’en conseillait un qui faisait très « seventies » quant au confort et dont la chambre évoquait d’avantage un casernement qu’un lieu de villégiature, avec ses trois lits monoplaces côte à côte. Mais l’hôtesse là encore, parlait français avec un charmant accent italien et était aux petits soins. Je mis une partie de la nuit à trouver la meilleure façon de rentrer, en subissant les piètres chaînes de télévision transalpines, qui meublèrent mon insomnie. Je finis par trouver la plus réussie de mes décisions : le retour par la route. Ma courageuse épouse, accompagnée du sympathique Charly ont eu leur part de conduite dans le Piémont italien le lendemain. En effet, la météo fût comme prévu épouvantable. Pour conclure, afin de ne pas vous trouver dans la piteuse situation ou je fus, lorsque vous partez sur la campagne, prenez votre carte bancaire ! Plafond 4200m, Vz moyennes 1.7 m/s, moyenne de kamikaze, sans espoir de retour.

Date : 27/08/2017

Aérodrome de départ : Saint Crépin

Région : Provence – Alpes-Côte d’Azur

Pays : France

Distance : 75,19 km

Planeur : ASK 13

Type de circuit : Libre

Vitesse moyenne du circuit : 33,67 km/h

Commentaires :

Un vol de seconde partie de journée avec Denis, de Puyvert. La météo s’est quelque peu dégradée. Aussi, le vol est-il sans ambition autre que de profiter des maigres possibilités aérologiques. Un départ sur la pente, un rebond sur les crêtes de Vars ont permis l’utilisation d’un faible laminaire qui nous a amené en balistique sur Thouars. Denis fût content et moi aussi par conséquent. Pendant ce temps là, les gangsters de la rencontre ASK-13 réglaient leur comptes dans des duels aériens?

Date : 28/08/2017

Aérodrome de départ : Saint Crépin

Région : Provence – Alpes-Côte d’Azur

Pays : France

Distance : 79,64 km

Planeur : ASK 13

Type de circuit : Libre

Vitesse moyenne du circuit : 51,38 km/h

Commentaires :

Encore un vol de seconde partie de journée avec Denis, de Puyvert. Le départ est franchement laborieux. Nous avons probablement essoré la dernière ascendance pour accrocher. Puis, l’altitude critique une fois atteinte, nous sommes allés en pente au sommet de Prachaval. Un rebond sur la crête de Font-Sancte puis sur le ressaut de Vars nous ont permis d’envisager une branche vers le Nord (le petit, pas le grand !). Un dernier ticket de cinéma au redan du Peyron nous a autorisé une dernière séance aux orteils d’Amont, pour revenir dans le sillon vers le hangar. Le bonheur de Denis fût à l’origine du mien.

Date : 29/08/2017

Aérodrome de départ : Saint Crépin

Région : Provence – Alpes-Côte d’Azur

Pays : France

Distance : 255,68 km

Planeur : Janus 18,2m

Type de circuit : Libre

Vitesse moyenne du circuit : 62,36 km/h

Commentaires :

C’est avec le Janus que Thierry, de Puivert a bien voulu m’accompagner. Nous sommes partis après les K13. La pente donnait et les thermiques étaient puissants. Nous sommes allés sur les crêtes de Peyrolles. Après un rebond, le Col de l’Eychauda nous a amené aux puissants varios du redan des Agneaux. L’arc de cercle surmontant les crêtes nous a permis d’admirer le glacier ridé et aux reflets métalliques. Nous avons pu contourner la Barre des Ecrins, puis au ras des murailles noires et verticales du Coolidge, nous avons surfé le long des puissants sommets coiffés de nuages gris et spumeux. La Voie Royale s’offrait à nos yeux éblouis de tant de beauté. Nous sommes allés vers le Morgon, couvert d’un congestus noir de menace qui inondait d’un voile de pluie blanc la station des Orres. Nous avons contourné par le sud après avoir constaté que le Parcours était ensoleillé. Thierry à découvert sa magie en suivant les reliefs qui nous remontaient jusqu’au sommet de l’Estrop. Au Cheval-Blanc, nous sommes retournés sur nos pas, en passant par Clotinaille. Prachaval nous a alors offert un ressaut de confluence. Nous avons glissé vers la Tête d’Amont puis tenté un surf vers l’Eychauda. Une superbe ratatinée nous a ramené vers la zone de perte d’altitude. En attente pour laisser des K13 atterrir, un courant d’air vertical à tordu l’aiguille du variomètre, en butée. Nous sommes remontés pour surfer de nouveau dans la confluence, au bord des nuages se formant dans l’instant, comme au balcon d’un cinéma gigantesque qui nous offrait un coucher de soleil en « Panorama », illuminant les nuages aux contours de lumière, en arrière plans successifs. Thierry, subjugué par le spectacle en oubliait d’avoir froid. Mon plus beau cadeau fût son sourire et sa confession d’avoir fait le plus beau vol de sa vie.

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